En-quêtes de vie pour découvrir qui je suis

#05 : Écouter ses impulsions,
une autre histoire de famille / Vilebrequin, dites-vous ?

C’est assez compliqué pour moi de dire oui ou non. Forcément, il y aura des conséquences dramatiques : telle est ma croyance, dont je m’aperçois peu à peu, au fil des jours et des situations, et que je sais au moins pour partie relié à mon vécu, et je peux constater aussi l’existence de ce schéma dans ma famille biologique, à plusieurs niveaux.

Comment en sortir ? Cette question est très présente en moi depuis que j’ai envisagé d’écrire ce texte, et la première étape qui se présente, c’est par l’écriture.

Alors, que s’est-il passé, de tout ce que je peux remonter pour moi-même et dans ma généalogie, qui soit de l’ordre de suivre une impulsion, qui ait conduit à des drames ?


Mes grands-parents se rendaient très souvent chez mes parents jusqu’à ce que ceux-ci expriment leur saturation et y mettent un stop.

Quelque temps après cet événement, plus précisément le 02 avril 1984, alors qu’ils résidaient au Puy-en-Velay, mon grand-père s’est pendu. Les véritables raisons ne sont pas claires, d’autant plus que cet homme que je n’ai pas connu parlait très très peu. Nous ne connaissons donc pas son état émotionnel, ce qui s’est passé dans sa tête lorsque mes parents ont dit qu’ils ne voulaient plus qu’ils viennent tout le temps chez eux. D’après moi, c’est ma grand-mère qui était l’initiatrice de ces présences intempestives. Cependant, il y avait très probablement d’autres paramètres, un mal-être, des non-dits, des choses qui ont fait qu’il était très mal dans sa peau, dans sa tête, et que cela s’accumulait.

Toujours est-il que l’une des conséquences inconscientes de ces événements pourrait être : dire stop à ce qui ne convient plus génère un drame. Autrement dit, écouter ses besoins va conduire à être puni.

Cela me fait penser à une situation que j’ai vécu avec mes parents et qui m’a marquée. J’avais une dizaine d’années et il était alors coutume de sortir en famille (mes parents, ma sœur et moi) le dimanche après-midi. Ce jour-là, je ne sais plus à quoi j’étais occupée, c’était une activité créative et j’étais bien, je n’avais pas envie de m’interrompre. J’ai donc exprimé mon refus d’aller faire un tour. Ma mère l’a très mal pris, elle est partie s’habiller et sortir sans attendre personne, mais bien en colère, et j’ai dû sortir avec mon père et ma sœur à sa “poursuite”.

J’ai compris bien plus tard, alors que ce souvenir est resté bien vivace dans mon esprit, que j’avais associé le fait d’écouter mon inspiration (et ma créativité) de l’instant (un instant t qui aurait pu changer plus tard dans la journée) avec une punition. De quoi bien rejoindre le schéma familial qui s’était mis en place avec le suicide de mon grand-père. Et encore, je ne connais pas les expériences de vie des générations précédentes, mais peut-être y a-t-il eu des antécédents, déjà, de cet ordre-là ?


Toujours est-il que lorsque je vivais dans l’Aude, je me sentais rejetée si Sophie partait sans que je sois prévenue. C’était de même avec Jack. Ainsi, à mon tour, je perpétuais inconsciemment cette programmation : faire culpabiliser autrui lorsqu’il écoutait ses besoins, envies, impulsions.

Et pourtant, n’est-ce pas laisser entrer la joie en soi lorsque l’on s’écoute ? Ne serait-ce pas ce qui devrait être le plus important, lorsque l’on aime véritablement et sincèrement quelqu’un, de lui permettre de faire ce qu’il a besoin pour être bien ?

En écrivant ses mots, je ressens un malaise intérieur, de la culpabilité et de l’écœurement de constater que finalement, j’ai répété moi aussi des schémas qui m’avaient pourtant fait mal quand je les avais vécus “de l’autre côté”.

Ce sont des boucles qui se répètent. Jusqu’à quand ?

Le choix m’en revient. Pour le moment, j’ai consenti à quelque chose qui m’a maintenue là-dedans.


Je vois aussi dans tout cela un parallèle avec ce que ma tante Nadine a vécu. En effet, l’article de journal qui m’a permis de découvrir les faits autour de son assassinat commence comme suit :

Pendant les plus de 23 ans qu’elle a vécu au Mexique, Nadine Blanche Hervy s’est consacrée à l’art et à l’enseignement de la langue de sa France natale. Et à ses amis. Elle s’inquiétait toujours pour eux et leur tendait la main s’ils avaient des ennuis. Elle n’a jamais imaginé que sa bonne volonté puisse être fatale.

Ne parlant pas espagnol, j’ai repris la version d’un site internet de traduction qui n’est peut-être pas tout à fait exacte, ceci dit nous restons dans le même thème, non ? Une impulsion d’aider l’autre, qui l’a menée à un drame.

Pourquoi ?

C’est là que je sens qu’il est très important que je n’oublie pas une phrase clé que j’ai souvent entendue dans l’Aude : “Rien n’est gratuit dans l’Univers. Tout est leçon.”


J’invite à lire ce livret sur les enseignements de Bernard de Montréal :

https://bernard-de-montreal-energie-du-savoir.com/karma-programmation-destinee-plan-de-vie-controle/


Pourquoi Nadine a-t-elle vécu ce drame alors qu’elle voulait aider ? Parce qu’il y a bien sûr la lecture de cet événement en mode “la pauvre victime”, mais au-delà de ça, il ne lui ai pas arrivé cela comme ça, par hasard. Elle a certes aidé sans, peut-être, laisser le choix à cette personne de se prendre en mains autrement. Ou bien elle n’a pas voulu ouvrir les yeux sur son instabilité et elle était trop dans l’extrême du “vouloir aider”. Des personnes de son entourage l’ont également mise en garde.

Il pourrait s’agir entre autres d’un attachement à l’autre ; l’attachement qui rend aveugle, qui emprisonne, qui fait se comporter d’une façon qui n’est pas en adéquation avec soi-même et brime nos ressentis profonds. Puisque quelque part, au fond, je crois que Nadine savait qu’elle ne pouvait pas l’aider, en tout cas pas de la façon dont elle essayait de le faire et qui était la plus rassurante pour l’ego. Elle aurait donc fait passer autrui avant elle-même. Ou bien elle projetait sur lui le propre besoin qu’elle avait d’être aidée. Un mal-être que possiblement elle portait : elle est quand même partie de chez sa famille à 18 ans, sans dire où elle allait ! Et s’occuper de quelqu’un d’autre, c’est une très bonne façon de ne pas faire face à son propre mal-être.


Ce qui m’amènerait, juste là, à me demander en retour : est-ce que je m’occupe de ces histoires de famille pour éviter de m’occuper de mon propre mal-être ?


Ces dernières semaines, je suis mal dans ma peau et dans ma tête. Souvent hantée par tout ce qui m’a amenée à être ailleurs aujourd’hui que là où j’ai passé mes dernières années, sur un autre chemin, qui n’a pas du tout le même sens.

Aujourd’hui, je ne trouve plus aucun sens. Et je comprends que tout ce que j’ai fait jusqu’à présent, dans mes relations, dans mes “amours”, dans mes amitiés, dans mes actions, a été pour obtenir quelque chose en retour. C’était pour moi, mais dans le Service de Soi, c’est-à-dire pour être rassurée, pour être réconfortée, pour pallier à mes insécurités, à mes peurs de manquer (en affection, en argent, en occupation, en reconnaissance…).

Dès lors que mon ego attendait d’obtenir quelque chose en retour à ce que je faisais, à ce que je disais, à ce que je “donnais” (ce n’est pas du vrai don), alors j’étais dans le Service de Soi. Et pas dans le Service d’Autrui. Et ça, je ne l’ai pas encore renversé en moi. Ces attentes ont été très présentes et aujourd’hui encore, je ne sais pas consciemment comment ne pas être / faire sans qu’il y ait une telle attente derrière ; c’est un réflexe, un mécanisme. Toutefois, en écrivant ces lignes, une petite voix relève que comme ailleurs, ces déséquilibres dénotent qu’il ne s’agit pas de mon véritable Être m’habitant alors. Eh bien non ! Parce que la véritable Candice n’a pas besoin d’être reconnue par l’extérieur, n’a pas besoin d’être rassurée, réconfortée, sécurisée… par l’extérieur. Elle EST, c’est tout. Et lorsqu’elle EST, elle donne vraiment, elle agit et s’exprime sans rien attendre en retour, parce que tout vient vraiment d’elle-même et tout est vraiment à l’intérieur d’elle-même, avec qui elle est vraiment et pleinement.

C’est valable pour tout le monde. Et on l’oublie tout le temps !

Puisque cette vraie Candice existe vraiment quelque part, et que je peux m’y relier en sachant qu’elle existe et qu’elle est mon futur (pourvu que j’ai la foi), alors… les pièges et mécanismes de l’ego ne seraient-ils pas franchissables ?

Je suis tentée de répondre oui, tout en sachant que le vivre, c’est une autre histoire.


J’en reviens, pour finaliser pour le moment ce récit, à un événement qui s’est produit récemment et qui selon moi, pourrait marquer un tournant dans mon histoire familiale.

Mon grand-père s’est pendu le 02 avril 1984. Dans la continuité des corrélations entre les dates clés de la famille et cette année 2026, il s’est produit quelque chose ce 02 avril 2026.

Petit retour en arrière : à l’occasion de mon départ de l’Aude en mars de cette même année, j’ai acquis une voiture, la première voiture que j’achetais entièrement avec mon argent personnel et, ayant peu de ressources, j’ai opté pour une petite Clio de 1992 vendue à 1 000 €. Renseignements pris avant l’achat, je savais qu’elle avait peu roulé depuis quelques années et qu’elle avait peu de kilométrage depuis le dernier changement de courroie de distribution. Trois jours après l’achat, me voilà partie sur les routes. J’ai beaucoup changé de villes par mon passé, toutefois c’était la première fois que je voyageais avec ma propre voiture, me permettant une expérience que je n’avais jamais osé vivre auparavant (par peur d’acheter seule un véhicule, justement).

Arrivée chez ma sœur sans encombre, j’ai pris le temps de découvrir un peu plus le carnet d’entretien de cette Clio, et je m’aperçus que le changement de courroie datait quand même un peu, malgré le faible kilométrage. Dans le même temps, je reçus le certificat d’immatriculation, et je devais changer celle-ci qui était de l’ancien format. Pas de problème pour moi, je le savais, et cela allait être aussi l’occasion de faire installer une nouvelle antenne et colmater la fuite qui avait amené à retirer la précédente. Je me sentais sereine et disposée à faire ces réparations concernant mon véhicule, symboliquement mon chemin de vie. J’étais même contente de m’en occuper, même si les finances étaient un peu serrées !

Me renseignant auprès de mes sœurs, je pris contact avec un garagiste dont le prénom comme le nom de famille (que par souci d’anonymat, je ne préciserai pas) renvoient à remettre sur pied sa “maison” : autrement dit son véhicule, son corps ! Le 31 mars, ma voiture déposée chez lui pour la journée, je restais chez ma sœur qui habitait dans le secteur et qui allait pouvoir m’y ramener le soir.

Toutefois, cela ne s’est pas passé comme prévu…

En milieu d’après-midi, voilà que le garage m’appela pour m’annoncer que lors du changement de la courroie, une pièce s’était fendue parce qu’elle avait été trop serrée lors de la manœuvre de 2019. J’ai demandé le nom de la pièce afin de pouvoir enquêter : la poulie crantée de vilebrequin. De quoi s’agissait-il ? Que se passait-il symboliquement sur mon chemin de vie ?

Sur le moment, je ne comprenais pas, je voyais juste qu’il y avait un contretemps, que mon véhicule était hors service pendant trois jours, et que j’avais des frais en plus ! J’ai pleuré… Ah, le réflexe de la victime ! Dans un coin de ma tête, je savais pourtant que j’avais quelque chose à en apprendre. Mais mon ego, lui, vivait de l’injustice ! Et le symbole de cette poulie me restait encore un mystère.

Le soir, après réflexion, je demandais à ma sœur si elle pouvait m’héberger jusqu’à ce que je récupère la voiture à la fin de la semaine.

C’est ainsi que j’interprétais alors les signes : j’étais chez ma sœur, mon véhicule / chemin de vie était “hors service”, et considérant le fait d’acheter un vélo d’occasion pour me dépanner, je tombais sur un vendeur qui attendait déjà une autre visite tout en me rendant compte que l’une des rues que j’avais à prendre pour rentrer à la résidence hôtelière en vélo était la “rue des Réfractaires au STO” (STO dans cette enquête se rapportant alors à “Service To Others”, ou Service d’Autrui). J’ai donc pensé que si je prenais ce chemin, je faisais fausse route.

Ma sœur ayant accepté que je reste, j’étais chez elle le lendemain après-midi lorsque prise d’une bonne culpabilité, je tournais en rond et considérais que j’étais peut-être quand même bien en train de “profiter” d’une situation pour ne pas me prendre en main. Alors finalement, je suis rentrée à la résidence le soir.

Et devinez quoi ? Le lendemain, tandis que cette même sœur avait mené ce jour-là son propre véhicule chez ce même garagiste pour une révision classique, celui-ci m’appela en fin d’après-midi pour me prévenir qu’il avait reçu la pièce plus tôt que prévu et que la voiture était réparée et disponible ! Me voilà ni une ni deux partie en transports en commun pour aller la chercher, tandis que ma sœur allait chercher la sienne de son côté… Nous ne nous sommes pas vues, mais cela a dû se jouer à quinze minutes près. Toujours est-il que nous avons chacune récupérer notre chemin de vie révisé, le même jour… le 02 avril… soit le jour du suicide de notre grand-père !

Aurions-nous réparé quelque chose ? C’est alors que j’ai compris la symbolique de la poulie de vilebrequin. “Vile” est un vieux mot pour dire “tourner”, et “brequin” signifie “mèche” : la mèche qui tourne, comme une corde… Et Robert s’est pendu. La pièce fendue, la corde du passé, a été remplacée.

Que fais-je maintenant de mon chemin de vie ?

Récit écrit le 06 avril 2026.
D'autres éléments seront à développer (notamment l'hyperdimensionnalité), je noterai la date de dernière mise à jour au fur et à mesure.